Vol à l’étalage : de la surveillance à l’interpellation

Lorsque le stade de la prévention est dépassé et qu’un client est bien décidé à commettre le vol, que faire ? Un comportement trop intrusif de la part du personnel ou des accusations hâtives peuvent être fortement préjudiciables pour l’établissement tant au niveau de sa réputation que sur le plan juridique. Il incombe dès lors d’agir avec prudence et discrétion.

 

Vol Etalage IBS

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La surveillance : patience et discrétion

Bien que la surveillance puisse s’effectuer par un membre du personnel, cette tâche s’avère très délicate et nécessite certaines compétences tout particulièrement au regard de la discrétion, mémorisation et méthodes que cet exercice très particulier exige. L’ouvrage, Vol en magasin. De la prévention à la répression, rappelle quelques règles à respecter et destinées, entre autres, aux inspecteurs en civil [1].

 

- Ne jamais «coller» le suspect afin que ce dernier ne remarque pas qu’il est surveillé ;

- Être perpétuellement en mouvement et parcourir l’ensemble du magasin en veillant à varier ses déplacements. Le chargé de surveillance poursuivra son chemin si le suspect s’arrête et se fera relayer par un collègue s’il estime avoir été repéré ;

- Faire preuve d’observation et de mémorisation non seulement pour reconnaître les éventuels récidivistes, mais également pour identifier avec certitude les objets volés et l’endroit où ils ont été dissimulés, lorsque l’interpellation aura lieu ;

- Dans le cas d’agissements en groupe et si le chargé de surveillance est seul, ne suivre que le suspect qui emporte les marchandises et tente de franchir les caisses sans payer ;

- Lorsque la tentative de vol est avérée, le chargé de surveillance doit précéder l’auteur dans la zone de paiement ;

Pour rappel, la surveillance est un des paramètres à prendre en considération dans l’aménagement du magasin (disposition des miroirs …), la communication au sein du personnel, etc.

 

L’interpellation, comment réagir ?

Quelques bonnes pratiques avaient déjà été proposées dans un article précédent. En toutes circonstances, le contrôle de soi et le dialogue sont de rigueur et ce, malgré l’audace et l’attitude provocante dont peuvent faire preuve certains voleurs. Se rappeler que le but est d’obtenir le paiement ou la remise du bien volé.

- Accorder le bénéfice du doute à l’auteur et lui proposer de payer l’article non déclaré ou de le rendre ; ne pas l’accuser ou exiger qu’il justifie son comportement ;

- Assurer une totale confidentialité au voleur. Lui demander calmement d’accompagner le responsable de la sécurité dans un local à l’écart de la clientèle.

- Prévenir et maîtriser les situations d’agressivité. Engager le dialogue avec le client en utilisant le «je» : souhaitez-vous que je dépose cet article à la caisse ? Ensuite, si une coopération n’est pas possible et si la tension monte, formuler poliment mais fermement une alternative soit…soit : Ou vous payez cet article, ou vous le redéposez, Soit vous coopérez, soit nous faisons appel à la police. Cela permet de montrer clairement les limites tout en offrant un choix symbolique.

Si la situation s’envenime, il est important de ne pas se mettre en danger, de ne pas recourir à la coercition physique et de contraindre le voleur à remettre l’article ou le payer. Contacter les services de police dans les plus brefs délais reste primordial.

 

Nous aborderons plus en détails l'interpellation dans notre prochain et dernier article.

 

Sébastien Dormaels
Licencié en Criminologie, zone de police Entre sambre et Meuse

 

Source: secunews.be ©