Mieux sécuriser le trafic aux abords des écoles

La densité du trafic est étroitement liée au rythme scolaire et des problèmes spécifiques de circulation se concentrent aux abords des écoles. Comment protéger les déplacements des élèves et sécuriser les accès menant à l’école et sa périphérie ?

 

Passage pietons IBS

© Patrick Decorte

 

Un inventaire des risques, contraintes et opportunités

Les défis qui se posent sont nombreux et concernent tant les trajets vers l’école que la gestion des déplacements aux abords immédiats de celle-ci. Il faut tenir compte notamment de la localisation de l’établissement (centre-ville, périphérie voire en pleine campagne), de son environnement immédiat (type de voirie, etc.), des modes de transport disponibles (bus, trams, voitures, vélos, …), de la taille de l’école et l’âge des élèves qui la composent, de leurs modes de déplacement et itinéraires.

Le premier problème est bien entendu lié à la vitesse mais aussi aux conflits entre les véhicules motorisés et les usagers plus faibles. Ensuite viennent les dangers et risques liés à la forte densité du trafic vers et autour des établissements. Il y a enfin la difficulté du stationnement aux abords des écoles à l’origine de comportements dangereux dont les usagers faibles sont les premières victimes.

 

Les objectifs prioritaires et actions à mener

A partir de cette première analyse de risques, des objectifs précis seront fixés et hiérarchisés toujours avec le souci de poursuivre une stratégie de sécurisation cohérente qui tiendra compte de tous les paramètres. A chacun de ces objectifs correspondront des actions spécifiques qui exigeront ou non des aménagements de voirie parfois conséquents pour atteindre les résultats espérés.

Des exemples d’objectifs ? Citons : privilégier les modes de déplacements «doux» et transports en commun, optimiser la perception «Vigilance, école !», canaliser le trafic automobile, réduire drastiquement la vitesse, organiser les entrées et sorties de l'établissement, sécuriser les traversées piétonnes, aménager les trottoirs, améliorer l'éclairage, etc.

 

Quel type de mesures pour sécuriser le trafic scolaire ?
De nombreuses interventions sont possibles, quelques exemples.

 

Pour plus de visibilité de l'école 

L’idée est de créer une ambiance urbaine conviviale « Vigilance ! Abords d’école », effectivement perceptible par les conducteurs de véhicules motorisés. La pré-signalisation règlementaire de police, les équipements lumineux d’alerte ou encore les marquages au sol spécifiques y contribuent. Plus original et tout aussi efficace : le placement du Totem Crayon visible par ses couleurs éclatantes et sa hauteur ou le mobilier urbain spécifique aux écoles de l’entité.

 

Réguler la vitesse aux abords de l’école ?

Se limiter à la signalisation classique prévue par le code de la route et les marquages au sol est insuffisant. Pour une bonne maîtrise de la vitesse, les «outils» efficaces ne manquent pas : plateaux ralentisseurs, coussins berlinois, mise à sens unique de la voirie, réalisation de zones 30, îlots avec signal routier, plantation et mobilier ou non, effets de portes (chicanes), feux de signalisation, élargissement des trottoirs au détriment de la chaussée, etc.

 

Comment limiter le trafic et organiser le stationnement

Prévoir des emplacements de stationnement répondant aux besoins des diverses catégories d'usagers et des riverains ainsi que promouvoir d'autres comportements pour rejoindre l'école et diminuer la pression du trafic aux abords de l’établissement est indispensable.

Actions possibles : des campagnes d’information sur les transports en commun, l’organisation d’une centrale de covoiturage («Rouler malin» avec Taxistop), l’amélioration de la qualité des chemins piétonniers menant à l’école («A pied, ça roule» avec Pedibus), les aires de stationnements du type dépose minute, etc.

Autres interventions, selon la configuration des lieux : la suppression du trafic de transit inutile (création d’impasses, fléchages, etc.), la création de dessertes locales, sens interdits, sens uniques, zone piétonne ou l'instauration d’une rue scolaire qui permet de restreindre la circulation automobile durant les heures d’entrée et de sortie des écoles.

 

Renforcer la présence de personnel habilité

Indiscipline des automobilistes, vitesse excessive, se parquer sur le trottoir ou sur les passages piétons, traversée dangereuse de la chaussée par des parents : les infractions au code de la route ne manquent pas à la sortie des écoles.

Une présence policière effective revêtant avant tout un caractère préventif peut être envisagée dans le cadre d’un partenariat avec la zone de police. Sur base des problèmes rencontrés en termes de mobilité, les services de police évalueront la faisabilité et la stratégie à adopter pour répondre aux attentes de sécurité aux accès à l’établissement. Egalement : l’action de surveillants et de gardiens de la paix pour sécuriser les passages pour piétons et canaliser le trafic aux abords de l’école.

 

Eduquer et sensibiliser enfants et adultes

L’éducation de l’enfant et de l’adolescent à la mobilité et à la prévention des accidents est de la compétence des enseignants et des parents. Sensibiliser les éducateurs, parents, riverains, conducteurs s’impose également. Les actions entreprises seront dès lors perçues positivement par les adultes et ceux-ci s’impliqueront à leur tour dans la sécurité au lieu de la subir.

  

Francis DEOM
Commissaire divisionnaire er

Christian ARNOULD
Commissaire divisionnaire er

Source: secunews.be ©

 

 

Attention aux risques d'incendie lors des travaux en toiture !

Les toitures en revêtements hydrocarbonés appelés aussi membranes bitumineuses sont souvent inflammables. C'est le cas des toitures plates qui peuvent notamment servir de terrasse. Mais utiliser une flamme sur un revêtement inflammable est souvent source d'accident !

 

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© IMPACT 360

 

 

Les toitures plates ont un gros avantage : elles offrent peu de prise au vent, sont souvent moins onéreuses à construire et peuvent servir de terrasse. Cependant, qu’elles soient réalisées en béton, métal ou bois, leur plus gros handicap est l'étanchéité réalisée en revêtements hydrocarbonés.

Recouverts, ou non, ces revêtements sont pratiquement indispensables pour réaliser une étanchéité solide et durable. Les firmes industrielles produisent ces revêtements depuis de nombreuses années. Ils ont l'avantage d'être souples, étanches et faciles à poser.

Pour la pose et même la réparation de ces revêtements, il suffit souvent d'en faire fondre, avec un chalumeau, un côté qui sera ensuite collé sur la surface à protéger : en refroidissant, la soudure devient solide et étanche. Donc, les ouvriers utilisent une flamme sur un revêtement inflammable.

Et c'est souvent là que l'accident arrive ! Lorsque la flamme réchauffe trop le matériau, celui-ci s'embrase et propage l'incendie avec une grande rapidité. Les services d'incendie interviennent souvent pour des départs feu de ce type.

 

En respectant certaines mesures, il est tout à fait possible de limiter les risques

A la conception du bâtiment,

… les revêtements de ce type devraient être limités au strict minimum. Pour les nouveaux bâtiments à construire, la réglementation en Belgique est assez sévère. Les revêtements sont exigés «ne pas propager la flamme». Le choix du matériau, ou son revêtement, doivent être conformes.

A la construction, choisir de préférence des revêtements adaptés : ceux-ci sont traités dans la masse à la fabrication afin de devenir ininflammables. Un lestage à l'aide de terre (toitures herbeuses) ou petits cailloux est aussi un très bon moyen pour éviter la propagation de la flamme mais ce dispositif est plus lourd pour l'ossature.

 

Pendant les travaux,

• Veillez constamment à ne pas surchauffer la surface à traiter, posez le brûleur sur un support adéquat et écartez-le de toute matière inflammable.

• Accordez une grande attention au support (surtout si c'est du bois) ainsi qu'aux objets inflammables qui se trouveraient à proximité : les toits servent de parois supérieures aux greniers où sont entassés pas mal d'objets inflammables.

• Portez votre attention également sur les isolations qui, elles aussi, ne sont pas toutes ininflammables.

• Gardez un moyen d'extinction (eau, extincteur) à portée de main afin d'intervenir immédiatement en cas de départ de feu.

• Ne laissez jamais un tel chantier sans surveillance si un contrôle approfondi des mesures de sécurité et des zones à risque n'a pas été effectué.

 

Après la construction,

… si possible, lester le toit plat avec du gravier sur toute la surface : il laissera passer l'eau mais empêchera la progression de la flamme.

Tout travail de réparation devra répondre aux mêmes prescriptions de sécurité que le chantier de construction.

 

Un outil pratique de prévention incendie à recommander : le dossier ANPI Les travaux par point chaud, Le permis feu, DT 148-2010, disponible via Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Jean-Paul CHARLIER
Commandant Services Incendie er

Source: secunews.be ©

 

 

Comment assurer la cybersécurité de votre enfant

De nombreuses failles de sécurité sur internet découlent de comportements inadéquats et d’un manque de connaissances. Eduquer les enfants à la cybersécurité est une clé importante afin de fermer la porte aux menaces.

 

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© IMPACT 360

 

Dans l'article précédent, nous avons abordé les nombreux pièges que les enfants et les adolescents pouvaient rencontrer dans leurs activités numériques et notamment le mode opératoire des pédoprédateurs en ligne. Nous détaillons à présent des pistes concrètes pour assurer la cybersécurité des plus jeunes afin qu’ils puissent pleinement profiter de leurs activités sur la toile.

 

Sécuriser les écrans

 

  • Contrôlez l’accès aux écrans : laissez votre enfant surfer sur internet dans une pièce commune. S’il a un accès illimité dans sa chambre, il sera plus difficile pour vous de le protéger.
  • Installez une session personnalisée pour votre enfant en activant un logiciel de contrôle parental. Il permet de filtrer l’accès à internet en empêchant de consulter certains contenus sensibles ou illicites (pornographie, violence, racisme).
  • Définissez les paramètres de confidentialité nécessaires sur les applications et les réseaux sociaux afin que les profils restent privés et non ouverts au public.
  • Etablissez ensemble des mots de passe de sécurité pour les sessions et les comptes. Ces mots de passe doivent être différents au cas où l’un d’entre eux serait piraté. Ils ne doivent sous aucun prétexte être communiqués à des tiers.
  • Installez un antivirus qui va éloigner toute menace de cyberattaque.

 

Sensibiliser le jeune : le danger virtuel est bien réel

  • Montrez à l’enfant un reportage sur les pédoprédateurs. Cela n’est pas une légende urbaine et arrive très fréquemment. Faites-lui comprendre que certains adultes, hommes ou femmes peuvent prétendre être des enfants ou des adolescents. L’objectif sera de se méfier des sollicitations en provenance d’inconnus. Il peut seulement accepter des contacts qu’il connait ou qu’il peut identifier comme étant des jeunes de son âge (discussion vidéo).
  • Aidez-le à faire une distinction entre vie privée et vie publique : ne pas donner d’indications personnelles ou privées sur internet, ne pas poster de photos de soi sans votre autorisation ni poster les photos d’un ami à son insu. Ne pas utiliser un pseudo qui mentionne ses noms, prénoms et âges. Cela attire les prédateurs.
  • S’il souhaite voir une personne rencontrée sur internet dans la vie réelle, il doit toujours vous en parler.
  • Apprenez-lui à repérer des situations où il peut se sentir contraint d’adopter des comportements inacceptables (proposition de cadeaux, chantage, menaces).
  • Expliquez-lui que s’il voit ou reçoit quelque chose qui le met mal à l’aise, il ne doit pas chercher à creuser pour en savoir davantage. Il doit se déconnecter et venir directement vous en parler à vous ou un autre adulte de confiance.
  • S’il reçoit des mails suspects d’origine inconnue, il est préférable de ne pas les ouvrir. Les prédateurs utilisent la curiosité des enfants.
  • Parlez sans tabou de ce qu’il pourrait se passer s’il devient une victime et lui rappeler qu’il peut à tout moment venir en parler en toute confiance sans crainte d’une conséquence négative. Il ne sera pas puni, vous ne serez pas fâché même s’il n’a pas écouté vos conseils ou respecté les règles que vous aviez fixées.
  • Restez à l’écoute sans le juger. Parlez de ce qu’il aime faire sur internet, de ses préférences, ses habitudes.
  • Renforcez l’estime de soi et la confiance de votre enfant : cela l’aidera à pouvoir prendre des positions et à s’affirmer davantage.

 

Signes possibles qu’un pédoprédateur cible votre enfant

 

  • Lorsque vous entrez dans sa chambre, il interrompt brusquement ses activités et/ou conversations. Il pourrait cacher une relation que ses parents pourraient désapprouver.
  • Il s’isole pour passer beaucoup de temps sur internet.
  • Vous découvrez des contenus pornographiques sur ses appareils : les jeunes sont très curieux et beaucoup de pédoprédateurs proposent des contenus pornographiques afin d’engager des discussions avec les potentielles victimes.
  • Il a des comptes secondaires : il est important de connaître les comptes en ligne qui ont été créés par votre enfant afin de vérifier à qui il est connecté.
  • Il reçoit des cadeaux et/ou des appels téléphoniques de sources inconnues.
  • Vous remarquez des changements inhabituels dans son comportement à la maison ou à l’école (repli, agressivité, démotivation, angoisses).

 

Que faire si mon enfant est victime d’un pédoprédateur sur internet

  • Si votre enfant reçoit des sollicitations verbales ou des images sexuellement explicites, bloquez directement les personnes en question.
  • Vérifiez les ordinateurs, tablettes et smartphones afin de détecter les éventuels fichiers pornographiques ou toute autre forme de communication à caractère sexuel ou non. Ne les supprimez pas, enregistrez-les ou faites des captures d’écran.
  • Signalez les prédateurs aux responsables des plateformes utilisées par l’enfant.
  • Surveillez l’accès de vos enfants à toutes les communications numériques.
  • Rendez-vous à la police afin de déposer plainte. 

 

Mélanie SAEREMANS
Psychologue – Psychothérapeute

Source: secunews.be ©

 

 

Multiplication des risques cyber pendant la pandémie

Depuis 2020, les cybercriminels ont largement profité de la pandémie Covid-19. Leurs attaques se sont amplifiées envers les organisations et utilisateurs mais pas seulement : hôpitaux, laboratoires et universités impliqués dans les recherches ont également été visés.

 

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© IMPACT 360

 

 

Les risques cyber du télétravail

 

Les administrations et entreprises ont notamment été obligées de s’adapter pour développer le travail à distance. Ceci a nécessité la mise en place de liaisons sécurisées pour permettre aux personnels concernés de se connecter et d’accéder à l’infrastructure de leur employeur mais aussi d’assurer une interaction avec leurs collègues.

Le protocole MICROSOFT RDP qui permet à l’utilisateur d’accéder aux ressources internes et de se connecter à un autre ordinateur, via une interface graphique, a notamment été un des outils mis en place.

Le souci, c’est que les cybercriminels profitent souvent du faible niveau de sécurité de l’ordinateur que l’employé utilise à domicile ou encore, ils jouent sur sa réactivité afin de permettre l’accès à ses données de connexion : l’employé réagit trop vite à un mail d’un « collègue » qui invite à consulter une pièce jointe et il installe, à son insu, un logiciel qui permet l’intrusion du système de l’entreprise.

Le laboratoire ESET avait constaté une augmentation de 768% des attaques visant ce protocole entre le premier et le quatrième trimestre 2020.

 

Parmi les attaques cyber …

- Intrusion dans les systèmes d’entreprises ou d’administrations publiques, afin de finaliser l’installation de logiciels rançonneurs qui cryptent la totalité des contenus sur les serveurs, les rendant ainsi inaccessibles. Des cliniques et hôpitaux ont même été victimes de ces attaques de type ransomware.

- Lancement des attaques DDos ou attaques informatiques par déni de service distribué : des milliers de requêtes provenant de nombreuses sources génèrent pendant une courte période un trafic énorme vers les serveurs d’une entreprise dans le but de perturber leur fonctionnement voire de les paralyser. Le Département de la Santé et des Services Sociaux américain, notamment, a été victime d’une de ces attaques dans le but d’interrompre la chaîne d’informations et propager des rumeurs.

- Vol ou modifications des données d’une organisation. Ayant réussi à accéder aux serveurs, les pirates peuvent alors en consulter les contenus, collecter des informations liées à l’activité de la structure concernée et les revendre à des entreprises concurrentes.

Exemple : des laboratoires et universités européens, américains et canadiens impliqués dans le développement de vaccins, ont ainsi été victimes de vols de données relatives aux tests qui ont été ensuite revendues à certains pays.

- Tentative d’usurpation de sites internet en vue d’obtenir une rançon ou de voler des informations sensibles liées aux personnes qui s’y connectent. Ce fut le cas avec le site de l’OMS. Sans compter les nombreuses attaques visant à usurper l’identité d’utilisateurs afin d’accéder à leurs comptes bancaires et autres.

- Arnaques en ligne : les pirates ont aussi profité de la pandémie qui a « boosté » les achats en ligne, pour créer de nombreux faux sites de vente sur Internet. Ils ont exploité au maximum les réseaux sociaux pour proposer des contenus sponsorisés et nous attirer vers des sites d’apparence fiable. De nombreuses personnes ont ainsi donné suite et payé sans résultat.

 

Quid de la prévention ?

Nous avons donc certainement un rôle à jouer en termes de prévention :

- Soyez particulièrement attentif au matériel utilisé pour vous connecter à la plateforme informatique de votre employeur. Limitez en particulier votre activité professionnelle à un seul ordinateur qui aura été sécurisé au préalable par les équipes techniques spécialisées.

- Redoublez de prudence par rapport à tous les mails ou messages de phishing qui vous parviennent et abordent l’actualité liée au COVID-19. En quête d’informations, nous recherchons des informations tous azimuts et les pirates en profitent pour dérober nos données personnelles ou installer aisément des logiciels espions.

- Dans les réglages de votre boitier WiFi, vous pouvez limiter les accès à votre ordinateur, votre smartphone ou tout autre outil. Vous devez pour cela communiquer l’adresse Mac (pour Media Access Control) qui est l'adresse physique d'un périphérique réseau. C’est en quelque sorte la « plaque d'immatriculation » de vos appareils électroniques qui empêche la connexion d’autres appareils.

- Soyez également prudent concernant les informations que vous partagez sur les réseaux sociaux. Sur LinkedIn, par exemple, évitez de fournir trop de détails au sujet de votre fonction, ne mentionnez pas votre adresse mail ou votre numéro de téléphone personnel mais bien le numéro général de votre employeur.

- Sauvegardez vos données sur votre pc régulièrement, au moins tous les 10 jours. Un disque dur externe sur lequel vous pouvez stocker les contenus est conseillé.

 

Olivier BOGAERT
Commissaire de Police – Police Fédérale - DJSOC
Chroniqueur "Surfons tranquille" sur Classic 21

Source: secunews.be ©

 

 

Eviter que les façades soient taguées, lutter contre les graffitis

Qu’il soit perçu comme une création artistique ou du vandalisme, le graffiti (dessin à la peinture) ou le tag (signature calligraphiée) reste une infraction s’il est réalisé sans consentement du propriétaire. Comment lutter contre ce phénomène ?

 

porte a porte IBS

© Secunews

 

Comment éviter que sa façade soit taguée

 Une série de mesures préventives tout à fait concrètes peuvent être mises en place par les citoyens afin d’éviter l’apparition des tags sur leur propriété :

- Limiter l’accès aux murs privatifs grâce à des arbustes, des plantes épineuses ou des plantes grimpantes (vignes, lauriers, chèvrefeuille) ou si possible, poser des clôtures ou des barrières pour empêcher le contact direct

- Choisir un revêtement inégal, difficile à peindre, comme un crépi par exemple

- Maintenir les surfaces à risques (murs, vitres, etc.) propres et bien entretenues car l’environnement délabré peut encourager les dégradations et donne une impression d’abandon

- Choisir des couleurs sombres pour ces surfaces. Les graffitis se détachent moins bien sur de tels fonds et peuvent donc les dissuader

- Dans certains cas (commerces, garages extérieurs, etc.), les volets, grilles ou murs, peuvent être dressés en murales. La présence d’une fresque ou autre représentation artistique présente un effet dissuasif pour les tagueurs.

 

Si les graffitis ont déjà été réalisés, l’on conseille de nettoyer le plus rapidement possible les zones taguées pour limiter la récidive (dans les 24 à 48h). Les règlements communaux peuvent à ce titre prévoir le nettoyage obligatoire et immédiat. Enfin, il existe également des produits anti-graffiti pour protéger les surfaces nettoyées ou à risque.

Il ne faut surtout pas oublier qu’en cas de dégradation, une plainte doit être déposée sans tarder auprès des services de police.

 

A l’échelle de l’autorité publique

Le meilleur moyen de lutter contre un phénomène est d’en connaître les motivations. La pratique montre que les graffeurs ne sont pas nécessairement issus de milieux défavorisés. Peu d’entre eux sont reconnus coupables d’autres délits. Ils agissent par revendication, par plaisir de la transgression ou pour défendre la liberté d’expression.

Les autorités publiques peuvent donc rencontrer ce besoin d’expression et sensibiliser les graffeurs, que ces derniers soient identifiés ou non. En effet, canaliser le mouvement en mettant à disposition des espaces dédiés aux graffitis dans une ville peut déjà enrayer le problème, à tout le moins en partie. Certaines villes encouragent même la reconnaissance du mouvement par la mise en place de festivals et de concours de graffitis qui permettent aux artistes de s’exprimer sur des surfaces consacrées.

Un autre principe davantage répressif pour lutter contre les tags est celui de l’encouragement d’une surveillance sociale par une série de démarches des autorités publiques : soigner l’éclairage des surfaces à risque exposées ou éviter tout objet pouvant obstruer la vision, comme des bennes à ordures, placer des caméras de surveillance dans les zones les plus à risque, etc.

 

La sanction

La loi du 25 janvier 2007 visant à réprimer le graffiti et la dégradation des propriétés mobilières et immobilières a réinséré dans le Code pénal l’infraction relative à la dégradation de propriété et la réalisation de graffitis aussi bien dans les propriétés publiques que privées. Il s’agit des articles 534bis et 534ter du Code pénal. De véritables poursuites pénales peuvent donc avoir lieu.

 

La loi sur les sanctions administratives du 24 juin 2013 rend également ces infractions pénales mixtes (à la fois pénales et administratives), ce qui permet aux communes d’insérer ces infractions dans le règlement général de police si elles le souhaitent. Cela implique qu’en bonne intelligence avec le travail des autorités judiciaires, la commune peut poursuivre les infractions relatives aux graffitis, en l’absence de réaction des magistrats s’occupant de la procédure de sanction pénale, par l’action directe du fonctionnaire sanctionnateur communal.

La commune ne pourra toutefois poursuivre à son niveau qu’en l’absence de poursuite pénale. Des poursuites auront donc lieu chaque fois que la commune aura choisi d’insérer l’infraction dans son règlement de police, que ces poursuites soient pénales ou administratives.

La sanction administrative s’élève à maximum 375 euros. En outre, dans le cadre d’une procédure administrative, le nettoyage des tags peut être demandé au contrevenant par le biais des mécanismes de médiation et de prestation citoyenne. En effet, la loi prévoit qu’il est possible, moyennant l’accord du contrevenant, d’opter pour l’une de ces deux mesures réparatrices en lieu et place de l’amende.

Ces mesures de réparation permettent très souvent de conscientiser le graffeur en lui permettant de réaliser la gravité de la dégradation qu’il a commise.

 

Enfin, depuis la loi du 24 juin 2013 portant sur les sanctions administratives communales (SAC) et la lutte contre les incivilités dans l’espace public, des amendes administratives peuvent être administrées aux jeunes à partir de 14 ans. Cela vaut pour les poursuites administratives relatives aux tags. Dans le cas de la poursuite de mineurs, la proposition de médiation est rendue obligatoire par la loi sur les sanctions administratives de même que l’implication des parents durant la procédure.

 

Michèle ORBAN, Consultante et formatrice en veille informationnelle

Ambre VASSART, juriste à l'Union des Villes et communes de Wallonie

Source: secunews.be ©

 

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