Villes et Communes vs Criminalité organisée : conseils pour des mesures efficaces

Les pouvoirs locaux disposent de nombreux moyens pour optimiser leur dispositif face à la criminalité organisée et son emprise sur la vie communale. Quels sont les facteurs critiques de succès à la base des initiatives administratives pouvant enrayer ce phénomène criminel ? Comment mettre en place une "administration renforcée" ?

 

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Des fondations solides : conditions préalables

- Des procédures en matière de signalement et de traitement de l’information : la ville ou la commune dressera un flowchart qui décrit comment sont enregistrés les faits et par qui, la manière dont les signalements sont récoltés et analysés, ainsi que les priorités fixées et comment elles sont traitées ;

- Communication et concertation : une concertation opérationnelle régulière entre les différents partenaires doit veiller, d’une part, à rassembler et examiner les informations collectées, et, d’autre part, à coordonner les actions à prendre. En outre, il est recommandé de mettre en place une concertation stratégique entre les acteurs concernés – tant locaux que supra-locaux – afin de fixer les priorités générales ;

- Une banque de données : les informations récoltées doivent être traitées, gérées et archivées. Cela nécessite de prévoir un environnement sécurisé (banque de données) et en conformité vis-à-vis de la Commission de protection de la vie privée ;

- La formation : organiser des formations ciblées, afin d’apprendre au personnel à dépister les signes d’une criminalité organisée et lui donner ainsi les moyens de réagir de façon réfléchie et coordonnée, tout en restant objectif et en ne sombrant pas dans ou la paranoïa. 

- Une administration capable de se défendre : l’organisation communale doit se prémunir contre les pressions extérieures. Une attention particulière doit être accordée à l’intégrité de la Ville et de son personnel. De plus, il peut être utile soutenir l’assertivité du personnel face aux risques de manipulation, de chantage et d’agressivité.

- La confidentialité : l’information échangée au cours de l’intervention administrative est par nature très sensible. Le secret professionnel, la confidentialité des informations, la déontologie des employés communaux et l’obligation de discrétion sont ici primordiaux. Il est conseillé de faire signer une clause de confidentialité à toute personne en contact avec cette information.

 

Démarrer efficacement : attitudes et bonnes pratiques

- La mise en oeuvre et la prise de conscience demandent du temps : le développement d’une telle stratégie contre la criminalité organisée nécessite de rester réaliste, notamment au niveau de ses attentes. Le changement de mentalité touche l’organisation entière, à chaque étape, depuis les demandes jusqu'aux autorisations délivrées par les services concernés. Ce processus peut prendre plusieurs années ;

- Appréhender la criminalité organisée sous l’angle administratif est une approche relativement nouvelle : ici, les démarches de la ville ne s’orientent pas vers le judiciaire ou la répression des criminels - et leurs réseaux –, mais veillent à empêcher leur intrusion dans le monde légal, pour préserver la sécurité publique et la qualité de vie. Dans cette optique, leur besoin en informations se différencie de celui de leurs partenaires judiciaires ;

- Un coût en capacités : bien qu’il ne s’agisse pas de nouvelles tâches pour la ville mais bien de compétences déjà existantes, des ressources supplémentaires sont à prévoir pour collecter et traiter l’information, ainsi que pour coordonner les opérations. Pour une ville de taille moyenne, on parle généralement d’un temps plein supplémentaire ;

- Définir les priorités : les moyens étant limités, il est impossible de traiter une infinité de cas. Le conseil d’administration devra donc mettre en place un système pour définir les priorités et établir ainsi une sélection selon les cas qui se présentent ; 

- Intervenir sur le terrain : les informations issues de sources administratives doivent finalement être confrontées à la situation de terrain. Pour être efficace, il s’agit donc d’envoyer des équipes flex sur le terrain, ou tout autre type de contrôles ;

- Oser explorer la législation en vigueur : bien qu’il n’ait pas été conçu de cadre spécifique pour l’approche administrative, les pouvoirs locaux peuvent déjà exploiter tout un arsenal d’outils juridiques tant au sein de la réglementation fédérale, régionale ou encore communale.

 

Annemie DE BOYE

Master in de criminologie

Coordinatrice du Projet ARIEC Limburg

Arrondissementeel Informatie- en Expertise Centrum

Source: secunews.be ©

 

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