Le projet Margin compare la peur du crime dans 5 pays européens

La perception de l’insécurité dans son propre quartier et les inquiétudes sécuritaires diffèrent-elles entre citoyens britanniques, français, hongrois, italiens ou espagnols ? Le projet européen Margin s'est efforcé de répondre à la question, nous présentons brièvement les résultats de ses travaux.

 

crime IBS

© Patrick Decorte



Le projet Margin s’est penché, dans cinq pays et régions d’Europe (Angleterre, Catalogne, France, Hongrie et Italie), sur les notions de "sentiment d’insécurité" et de "peur du crime" pour déterminer si les perceptions de l’insécurité sont les mêmes ou varient d’un pays à l’autre.

Ce projet, financé par la Commission européenne dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020 (vidéo), a permis d’analyser durant deux années les facteurs qui peuvent jouer un rôle dans l’impression d’insécurité des citoyens européens et ce, en fonction des individus et des quartiers où ils résident.

 

Mesurer la perception de l’insécurité est complexe, la comparer entre pays plus encore …

Le « sentiment d’insécurité » et la « peur du crime » sont des concepts souvent abordés tant par le monde politique que par le monde académique. Ces notions sont complexes, varient d’un pays à l’autre et souffrent encore d’un manque de conceptualisation (voir notre article précédent).

La comparaison internationale de ces notions est pourtant cruciale. Les perceptions communes d’insécurité qui se dégagent dans cette étude sont de précieux indicateurs pour comprendre et agir sur l’insécurité tant au niveau de la politique de proximité mise en place par la zone de police qu’au niveau des mesures prises par les pouvoirs publics. L’objectif final étant bien sûr de réduire les perceptions de l’insécurité, en s’appuyant sur l’expérience d’autres pays.

  

Des perceptions communes sur le sentiment d’insécurité

Le projet Margin a étudié les perceptions d’insécurité sous trois aspects :

  1. Le sentiment de sécurité dans le quartier ;
  2. Les inquiétudes et les préoccupations sécuritaires ;
  3. Les perceptions sur la performance de la police.

 

Il montre que certains résultats sont forts similaires dans les différents pays :

Les femmes ainsi que les seniors sont associés à toutes les perceptions d’insécurité. Ces deux catégories de personnes ont tendance à se sentir moins en sécurité dans leur quartier et sont davantage inquiètes. Elles hésiteront par exemple à se rendre seules à un spectacle le soir dans leur quartier ou à prendre les transports en commun de peur de se faire agresser, même si cette peur n’est pas justifiée. Néanmoins, ces deux groupes jugent de manière plus positive l’action de la police ;

Les individus au chômage ou avec de faibles revenus sont également plus susceptibles de se sentir en insécurité dans leur quartier. Cela peut notamment s’expliquer par le fait qu’ils vivent dans des quartiers moins favorisés, parfois plus dégradés, qui inspirent moins confiance. Mais paradoxalement, ces personnes défavorisées et vulnérables se montrent moins préoccupées par les problèmes sécuritaires. Ils ne se soucieront pas vraiment des mesures et actions prises par la police concernant la sécurité de leur quartier ;

Être en mauvaise santé ou handicapé est aussi un indicateur fort de toutes les formes d’insécurité. Cela s’explique par la vulnérabilité accrue de ces personnes qui se sentent moins enclines à se promener ou sortir seules. Les personnes handicapées ou malades ont souvent tendance à opposer la sécurité de leur domicile à l’insécurité et l’inhospitalité de l’environnement extérieur : plus difficile d’accès, non approprié à leur handicap, … ;

 

La victimisation affecte significativement toutes les perceptions de la sécurité. Le fait d’avoir été victime d’une agression renforce le sentiment d’insécurité de la personne dans son quartier, même si le fait s’est déroulé dans un autre contexte. La personne victime, fragilisée, adoptera des comportements plus méfiants dans sa vie quotidienne.

Elle aura peut-être une tendance excessive à juger comme dangereux pour sa sécurité certaines situations ou des faits pourtant anodins : peur des rassemblements de jeunes dans son quartier, peur de la foule ou au contraire d’un quartier peu fréquenté, peur de se rendre dans certains endroits, …

On constate donc que le genre, la vulnérabilité sociale ou économique, l’état de santé et la victimisation ont un impact important sur l’impression d’être en sécurité ou non. Quel que soit le pays, les perceptions restent sensiblement similaires.

  

Pour une enquête européenne commune sur l’insécurité

Le projet « Margin » visait à comparer des enquêtes de victimisation réalisées dans cinq pays et régions différents. Bien que les thématiques abordées dans les enquêtes soient relativement similaires d’un pays à un autre, des différences importantes existent entre pays : différentes formulations dans les questions posées, échantillonnages différents et non comparables ou encore modalités spécifiques de réponses aux enquêtes. Il est donc difficile de comparer et d’analyser de manière exhaustive les perceptions d’insécurité entre pays.

L’étude de la peur du crime gagnerait donc à s'appuyer sur une définition et une méthode de mesure communes pour toute l’Europe. L’absence d’uniformisation constitue en effet un véritable obstacle à l’analyse comparative. Le projet « Margin » pourrait d’ailleurs être prolongé dans le cadre d’une enquête commune aux pays et régions participants.

 

Et en Belgique ? Le moniteur de sécurité 2018 …

Le Moniteur de sécurité est une enquête menée auprès des citoyens belges à propos de différents thèmes en matière de sécurité : leurs sentiments d’insécurité, les problèmes de quartier, la prévention, la victimisation et la qualité des actions des services de police.

L’analyse est effectuée par la police fédérale, en collaboration avec le SPF (Service public fédéral) Intérieur et les autorités locales.

Les informations qui sont recueillies contiennent des indicateurs précieux pour l'élaboration de la politique de sécurité. Elles sont utilisées tant au niveau national pour l’élaboration du plan national de sécurité que par les polices et pouvoirs locaux dans l’élaboration des plans zonaux. 

La dernière édition du moniteur de sécurité datait de 2008-2009. En 2018, l’enquête a été réitérée. Les premiers résultats sont attendus début 2019 pour pouvoir être inclus dans les prochains plans politiques.

  

Aline BEDYNEK

Licencié en journalisme

Commissaire de police

Académie Nationale de police

Source: secunews.be ©

 

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