La confiance des citoyens envers la police  

La confiance manifestée par les citoyens envers les institutions constitue une question fondamentale dans une démocratie. Elle se pose avec d’autant plus d’acuité quand elle concerne la police qui, à la fois, doit garantir le bon exercice des droits et libertés individuels mais peut aussi l’entraver.

 

 

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Que nous apprennent les sondages et les études sur ce sujet ? 

Un rapport de l’OCDE indique qu'il n'y a pas de tendance véritable à l'érosion de la confiance dans l'action publique mais il existe des différences lourdes entre pays. La Belgique se situe juste dans la moyenne.

Si l’on met la focale sur la police belge, on apprend que la confiance des citoyens envers la police reste élevée, selon le Moniteur de sécurité, et, plus encore, un récent sondage en Wallonie montre que les personnes interrogées sur la confiance qu’ils accordent aux institutions sont très positives notamment à l’égard des enseignants (90% d’avis favorables), de l’armée (89%), de la police (86%) et de la justice (73%).

Il n'en demeure pas moins que rien n'est définitivement acquis et que la confiance doit être une préoccupation de tous les instants au point qu'il convient de se montrer proactif à ce sujet plutôt que de se limiter à réagir aux situations de crise.

 

Police, confiance et légitimité  

Il est à noter que si l’efficacité de la police peut avoir une influence - sans doute indirecte - sur le degré de confiance que le public lui accorde, ce dernier fait avant tout confiance en l'honnêteté de l’intention de la police à son égard. Autrement dit, ce sont surtout les jugements portés sur les personnes ainsi que les sentiments qui importent.

Plus encore, on constate que les citoyens privilégient le fait qu'ils partagent certaines valeurs avec la police et surtout l'équité pour accorder leur confiance.

Le corollaire de la confiance est la légitimité. Ainsi, les citoyens considèrent les institutions comme légitimes s’ils croient qu'elles respectent les règles conformément aux normes en vigueur et à des considérations morales. Plus simplement, c'est le fait d'être reconnu. C’est par des actes concrets d’obéissance, de respect et de coopération que les citoyens démontrent que la police est légitime pour s’occuper de ses problèmes.

De même, en agissant de la sorte, les citoyens participent au contrôle social. Et de nombreux travaux de sociologie démontrent que l'efficacité de la police est fortement dépendante de ses bonnes relations avec la population et de sa coopération.

Toutefois, la confiance envers la police et sa légitimité sont toujours malmenées lorsque sont vécues des expériences personnelles négatives avec certains de ses membres ou services policiers . La réflexion se situe alors, non plus au niveau institutionnel - la police -, mais au niveau individuel, dans le cadre d'interactions concrètes entre policiers et citoyens.

Si le citoyen peut faire preuve de discernement voire éviter une généralisation abusive, ce type d'expériences est de nature à ébranler la confiance envers la police de manière pérenne et de remettre en question sa légitimité pour celles et ceux qui les ont vécues. Autrement dit, ces questions de confiance et de légitimité relèvent autant de la responsabilité collective qu'individuelle.

 

Conclusions 

La question de la confiance est primordiale et intimement liée à celle de légitimité.

Contrairement aux idées reçues, aucun élément ne démontre l’existence d’un lien de causalité directe entre la performance des autorités publiques (l'efficacité) et la confiance des citoyens dans l'action publique. 

En effet, la confiance accordée à la police est avant tout relationnelle plutôt qu'instrumentale. C'est donc la qualité du « traitement » qui prime, avant tout sous le régime de l’équité. Afin d'accroître la confiance envers la police, les auteurs insistent sur une approche prioritairement centrée sur l’accueil des personnes plutôt que sur les effets sécuritaires.

Pour l'exprimer plus simplement, ce qui importe pour le citoyen, c'est plutôt le "comment" que le "quoi". Il apprécie avant tout la manière dont il sera accueilli, entendu et considéré, indépendamment des suites données à son affaire. Plus concrètement encore, cela se traduit par une prise en charge rapide des citoyens, une information et des conseils pertinents, un langage vérité exempt de promesses hasardeuses et un suivi effectif.

Et lorsque cette qualité est au rendez-vous, les citoyens ont tendance à coopérer avec la police, même dans des environnements sociaux diversifiés. Clairement, ce modèle est celui d'une justice procédurale.

 

Claude BOTTAMEDI

Chef de corps de la zone de police Orneau-Mehaigne

Docteur en sociologie

 

Source: secunews.be ©

 

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