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Crise du COVID et opportunités criminelles : quelques conseils

La pandémie est source d’opportunités criminelles et peut favoriser la commission de certains délits spécifiques. Quelques exemples à prendre en considération pour vivre cette période difficile en pleine sécurité et conserver les bonnes habitudes dès la fin du confinement.

Le confinement, même partiel, pourrait suggérer une diminution de la criminalité durant cette période voire lors de la phase de déconfinement progressive. Ce n’est pas le cas pour certains faits car les auteurs s’adaptent en conséquence.

 

IBS

© Kato Peeters

 

Cambriolages dans habitation : les éplucheurs d’avis nécrologiques

Avant la période de confinement, certains cambriolages visaient déjà spécifiquement les habitations inoccupées suite à un décès ; un mode opératoire déjà constaté par les services de police belge au cours de ces cinq dernières années. Au regard de la mortalité liée au COVID, il est légitime de s’attendre à une recrudescence de ce mode opératoire particulier, souvent le fait de bandes organisées, qui consiste à lister les avis de décès publiés sur tous médias. Ces précieuses informations permettent à ces groupes d’auteurs d’ensuite procéder à des repérages pour finalement accomplir le cambriolage.

En cas de décès, il reste recommandé de prévoir une personne pour occuper les lieux notamment lors des visites au funérarium ou le jour des funérailles. Par sécurité, les biens de grande valeur sont – dès l’annonce du décès – à sécuriser de manière préventive dans un autre lieu que l’habitation du défunt.

De manière générale, la période de confinement – même partielle – peut fournir des indications quant aux habitudes des occupants et ainsi permettre aux cambrioleurs de mieux saisir les moments opportuns pour commettre leurs larcins. Les règles de base, à savoir les bonnes pratiques en matière de mesure organisationnelles (vider quotidiennement les boîtes aux lettres, etc.) et mécaniques (serrures, volets) ou électroniques (radios, lumières avec timers, etc.), restent à respecter afin d’éviter le cambriolage.

 

 

Les vols par ruse sous prétexte du confinement 

Si l’inoccupation peut favoriser le cambriolage, le fait d’être confiné favorise également d’autres faits criminels. Ainsi, le respect des mesures de confinement ou de gestion de la crise sanitaire peuvent servir de prétextes notamment dans le cadre de vols ou d’escroqueries.

Le vol par ruse consiste à se faire passer pour quelqu’un ayant une fonction bien spécifique (personnel d’une compagnie des eaux, de gaz ou d’électricité, policier) afin de pouvoir pénétrer dans l’habitation en vue de voler des biens. 

Dans le contexte très particulier que nous connaissons actuellement, les auteurs s’adaptent et certains d’entre eux profitent de la situation en se faisant passer pour des agents d’autres services publics (communaux, régionaux, fédéraux) prétextant la « vérification » du respect des mesures de confinement pour pénétrer dans les domiciles privés, bien souvent de personnes plus vulnérables (isolées, âgées, etc.).

Les règles de précaution à adopter : toujours exiger la présentation d’une carte de service du visiteur, éviter d’ouvrir à des inconnus et toujours signaler ce type d’agissement suspect à la police de manière préventive. Ne jamais oublier que vous n’êtes aucunement obligé d’ouvrir la porte à une personne quel que soit le motif invoqué ou sa tenue.

 

 

Les escroqueries via téléphone

Enfin, le « tracing » adopté dans le cadre du dé-confinement et sous compétences régionales qui consiste notamment en une prise de contact avec les citoyens pour lister les contacts « à risque » en matière COVID pourrait devenir un prétexte pour toutes tentatives d’escroqueries par téléphone. Ici aussi, les bonnes habitudes doivent être maintenues : ne jamais divulguer vos coordonnées bancaires ou tout autre identifiant facilitant une transaction bancaire (code digipass, etc.).

Comme l’a rappelé le Centre de crise, les enquêteurs chargés du contact officiel en ligne appellent toujours depuis le numéro 02/214 19 19 tandis que les SMS sont envoyés via le numéro 8811. Tout message ne provenant pas de ces numéros officiels doit être ignoré, il ne faut dans ce cas ni transmettre d’informations et ni surtout cliquer sur un éventuel lien.

Autres indices permettant de détecter une tentative d’escroquerie :

 

Sébastien DORMAELS

Licencié en criminologie

 

Source: secunews.be ©