L’effet de l’éclairage public sur la sécurité  

 

Dire qu’une ville bien éclairée est plus sécurisante relève d’un lieu commun. Mais que savons-nous au juste de cet aspect préventif supposé ? L’éclairage urbain a-t-il véritablement un effet sur le taux de criminalité ?

La question de l’effet préventif de l’éclairage public sur la criminalité n’est pas neuve. A Paris, au XVIIe siècle, l’éclairage confié aux « porte-flambeaux » s’inscrivait dans une logique de surveillance policière puisque ce dispositif devait permettre de rende visible les malfaiteurs et, ainsi, de s’en saisir (Mosser, 2007). Depuis, la question revient régulièrement à l’agenda.

 

 

POLICE de nuit IBS

© Patrick Decorte



Un effet contrasté

Nombreux sont ceux qui estiment qu’une amélioration de l’éclairage contribue à la prévention de la criminalité. Toutefois, cette conclusion est aussitôt largement nuancée.

En effet, on ne peut s’attendre à un effet indistinct portant de manière générale sur tous les territoires bénéficiaires de cet éclairage et à propos de toutes les formes de criminalité. Au contraire, les effets positifs mesurés ont plutôt concerné ce que l’on nomme des hotspots et, plus encore, la diminution ne concerne que certains délits.

Mais les recherches réalisées montrent que l’effet de l’éclairage est tantôt neutre, tantôt favorise paradoxalement la criminalité, ce qui complique plus encore le sujet.

 

En résumé, l’éclairage public peut avoir un effet :

Positif : en augmentant la visibilité, il empêche les auteurs de se cacher pour commettre leurs méfaits et, indirectement, il encourage les citoyens à fréquenter les lieux concernés, permettant ainsi ce qui est bien connu des criminologues, un contrôle social informel (diffus) ;

  • Neutre : augmentation ou diminution de l’éclairage n’ont pas d’effet sur le taux de criminalité ;
  • Négatif : de manière inattendue, l’éclairage public favorise certains délits, notamment en rendant particulièrement visible un butin potentiel ou d’éventuelles victimes voire, en permettant de s’assurer que les circonstances sont favorables pour commettre un délit (absence de patrouilles de police, facilités de fuite, etc.).

 

Ces conclusions sont pour le moins déconcertantes mais elles invitent surtout à abandonner une perspective globale au profit d’un niveau de réflexion plus microsociologique. Il s’agira alors de procéder à une analyse fine de la situation avant d’envisager une modification de l’éclairage public. Il conviendra avant tout de prendre en compte les particularités des lieux (densité, mobiliers urbains, etc.) et de préciser sur le taux de quel délit l’on a la prétention d’influer.

En d’autres termes, cela revient à n’envisager que des initiatives qui tiendront compte des spécificités locales, non seulement sur le plan urbanistique mais aussi à propos de la sociologie de la ou des populations concernées (morphologie sociale, type d’interactions, etc.).

Un élément semble toutefois faire l’unanimité : l’éclairage public ne peut être considéré per se comme remède miracle. Si l’on considère qu’il doit être envisagé seulement sur certains territoires et à propos de certaines populations, il doit aussi s’intégrer dans une stratégie plus large et dans une perspective multifactorielle dont il n’est qu’un élément parmi d’autres.

Il semble aussi, mais cet effet a été moins mesuré, que l’éclairage public ait un effet bénéfique sur le sentiment d’insécurité.

 

Conclusions

La question de l’influence de l’éclairage public sur le taux de criminalité est complexe. On sait surtout que ce dispositif n’est pas la panacée et que, si l’on attend qu’il ait un effet positif, ce sera au prix d’une analyse fine et en l’intégrant dans une stratégie plus globale. Clairement, la recherche doit encore nous apprendre beaucoup de choses à ce sujet.

Il est d’autant plus important d’encourager la réflexion et de prôner la rigueur que l’on observe aussi des effets indirects négatifs non négligeables. D’abord, un tel éclairage a un coût direct - installation - et indirect - énergie -, dont il faut tenir compte dans un contexte de crise économique. Ensuite, vu les sensibilités écologiques actuelles, on ne peut manquer de rappeler que cet éclairage pollue à la fois par la luminosité et par sa consommation énergétique.

Ce sujet ne peut donc être évoqué que de manière réfléchie et rigoureuse.

 

Claude BOTTAMEDI
Chef de corps d'une zone de police er

Source: secunews.be ©

 

A propos

IBS existe depuis plus de 35 ans. La société fut fondée dans le souci d'apporter à ses clients une sécurité optimale.

Avec de nombreux collaborateurs et installations à travers tout le territoire national, IBS est un des principaux acteurs sur le marché belge en matière de sécurité.

N° d’entreprise : BE 0426.405.367
N° du ministère de l’intérieur : 20046630
N° agréation incert Intrusion : A-0024
N° agréation Incert Vidéo : VA-0024

Contact

Avenue Mercator 1

1300 Wavre

Téléphone: 0800 20 199

Email: info@ibs-security.be